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Après une mission d’évaluation au Burundi, Sylvia Costantini, responsable du développement chez Pain et Eau pour l’Afrique, nous raconte sa journée à l’école PIF.
"Peu de temps après mon arrivée à Bujumbura, la capitale du Burundi, Patrice Faye, le président de l’Association Herpétologique et Environnementale du Burundi (AHEB), partenaire de PEA sur le terrain, m’a conduite dans le quartier industriel SAB pour visiter l’école PIF. J’avais hâte de voir l’école que PEA avait financée et de rencontrer les enfants dont Patrice nous avait tant parlé."
Le Burundi est un petit pays, niché dans la région des grands lacs, entre le Rwanda, le Congo et la Tanzanie, qui offre un magnifique paysage de collines et de plages le long du lac Tanganyika.
Depuis quelques années à peine, la paix est revenue au Burundi. Pour les Burundais, c’est parfois la première fois qu’ils peuvent emprunter certaines routes ou se rendre dans l’intérieur du pays, qui était jusqu’à présent le théâtre d’affrontements ponctuels entre les troupes gouvernementales et divers groupes rebelles. Un vent d’espoir souffle enfin sur ce pays qui figure parmi les plus pauvres du monde.
En quittant la route après le complexe du BINUB (le Bureau des Nation Unies pour le Burundi), caché derrière de hauts murs de parpaings et de barbelé, nous passons dans un labyrinthe de parcelles murées, apparemment abandonnées, pour arriver enfin dans le quartier dit « de la SAB » (nom d’une ancienne usine, aujourd’hui désaffectée). En reconnaissant le vieux 4x4 de Patrice, les habitants viennent à notre rencontre ou nous saluent par de grands gestes.
Interrompus en pleine leçon de mathématiques, tous les enfants de l’école PIF se lèvent à notre arrivée et nous accueillent par un « Bonjour Monsieur, Bonjour Madame » en choeur. J’ai une pensée pour mes amis instituteurs en France qui seraient sans doute un peu nostalgiques de ces pratiques d’un autre temps. En plein mois d’août, alors que c’est normalement la période des grandes vacances, l’école est pleine à craquer. Les enfants se serrent à 5 ou 6 sur
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 Yussuf l'instituteur
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chaque banc. Certains sont accompagnés de leurs petits frères ou petites sœurs, qui sont bien trop petits pour apprendre à lire et à écrire, mais qui suivent sagement les leçons.
Patrice m’explique que l’école PIF ne ferme pas pendant les vacances car sinon les enfants seraient livrés à eux-mêmes dans la rue, où ils doivent faire face à de nombreux dangers et tentations (vol, prostitution, drogue, alcool...). Au contraire, pendant les vacances scolaires, les enfants inscrits à l’école publique reviennent à l’école PIF et continuent leur apprentissage. Ils aiment avant tout venir ici parce que « c’est un endroit à eux, où ils se sentent en sécurité ».
Yussuf, l’instituteur est heureux de faire une petite pause, pendant que les enfants sont absorbés tantôt par les plaisanteries de Patrice, tantôt par mon appareil photo qui en intrigue plus d’un. Cela ne doit pas être tous les jours facile de gérer plus de 50 gamins d’âges et de niveaux différents, mais Yussuf estime que « ça va, ils sont gentils ! ». Les résultats sont probants : la plupart des élèves de l’école PIF qui intègrent ensuite le système scolaire public sont en tête des classements. Pour ces enfants défavorisés, dont beaucoup sont orphelins ou abandonnés, c’est une chance inouïe.
A midi, les enfants sont libérés et nous nous rendons chez les adolescents qui sont affairés à fabriquer des tableaux ornementaux en feuilles de bananier. La formation artisanale, soutenue en 2008 par les donateurs de Pain et Eau pour l’Afrique, pourra continuer en 2009 grâce notamment à un nouveau financement de PEA, en collaboration avec la Guilde Européenne du Raid et de l’Agence Française de Développement.
 Les garçons de l'atelier artisanat |
Les garçons viennent de recevoir une grosse commande pour un hôtel de Bujumbura. Les tableaux sont magnifiques et représentent des scènes traditionnelles du Burundi. Sous l’œil attentif de David, le formateur, les jeunes ont développé un vrai sens artistique et de grandes qualités d’exécution. C’est un travail de précision et de patience. Ils sont tous très concentrés sur leur travail, mais trouvent quand même le temps de nous chanter « Karibu Nyumbani », ce qui veut dire « Bienvenus chez nous » en kiswahili, une des langues les plus répandues au Burundi avec le Kirundi et le Français.
Les filles, elles, préfèrent s’occuper de couture. A l’approche de la rentrée scolaire, elles aussi ont beaucoup à faire : les commandes d’uniformes pour les élèves des écoles publiques commencent à arriver. Chaque école a un uniforme particulier, mais elles connaissent les tissus et les formes propres à chacun.
 Les filles de l'atelier couture |
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| Florence la formatrice en couture |
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Ces enfants sont vraiment attachants. Ils vivent dans des conditions très difficiles : le quartier SAB où ils évoluent est une espèce de bidonville aux portes de Bujumbura, qui offre peu d’opportunités ou d’espoir de s’en sortir. Grâce à Pain et Eau pour l’Afrique et à ses donateurs, ils ont droit à une éducation. A l’école PIF, ils se sentent chez eux ; c’est un endroit où ils peuvent non seulement apprendre à lire et à écrire, mais où ils sont respectés et où ils peuvent simplement être des enfants. Une modeste construction avec des murs de paille, des bancs en bois, un grand tableau noir, des ardoises et des stylos à partager car il n’y en a pas assez pour tout le monde… et pourtant les élèves nous accueillent avec leurs rires et leurs cris de joie. Ils sont heureux et fiers d’être là et reconnaissants pour la chance qui leur a été donnée."
Sylvia
Ce projet bénéficie du soutien de la Guilde Européenne du Raid et de l'Agence Française de Développement.
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